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Les Kinois s’indignent de la léthargie dans laquelle se trouvent les autorités à tous les niveaux, face à l’insécurité à Kinshasa. Elles sont toutes devenues aphones. Personne ne s’hasarde à aborder ce sujet, devenu trop sensible. Pour donner l’impression de contrôler la situation, les principaux responsables entretiennent le flou, l’imprécis, le brumeux, et surtout ne communiquent pas.

Pendant ce temps, que des morts chaque jour à Kinshasa, dans l’indifférence générale. Pas plus tard que le week-end dernier, un ancien musicien du groupe « Cultura Pays Vie » de Félix Wazekwa, connu sous le sobriquet « Aspirine », a été sauvagement abattu dans la commune de Mont-Ngafula. Ce cas a été porté à la connaissance des médias et du public, parce qu’il s’agit d’un artiste-musicien. Mais les kuluna font des ravages sur l’ensemble de la ville de Kinshasa, tous les jours.

Des familles endeuillées, des proches arrachées trop tôt à leur affection, avec des conséquences sur l’avenir des enfants, qui restent sans figure de référence, sans soutien. 

Les ministres de l’intérieur se succèdent, mais c’est toujours le statu quo ante. Ils viennent tous avec de gros sabots, puis repartent à la fin, dans leurs petits souliers, sans avoir apporté la moindre solution à cette problématique du grand banditisme.

Les changements intervenus dans le gouvernement provincial de Kinshasa, n’ont pas non plus ébranlé les Kuluna. Ils continuent d’opérer de jour comme de nuit, sans que personne ne s’en offusque en haut lieu. 

Tous ceux qui ont en charge les questions sécuritaires, vivent à Kinshasa. Cependant, ils donnent l’impression d’être à mille lieues des sujets qui hantent l’esprit des habitants de cette ville, depuis très longtemps. Ils suivent tout sur les réseaux sociaux, comme n’importe quel citoyen. Du moment qu’elles ne seront pas directement concernées, rien ne changera.

Les députés nationaux quant à eux, ne jugent pas nécessaire d’interpeller le gouvernement de la République sur cette question d’insécurité. Leur sécurité étant déjà assurée. Ils sont déjà gratifiés du titre « d’honorable », avec tout ce que cela procure comme avantages ! Pourquoi perdraient-ils leur temps à parler de la sécurité de petites gens ? L’élection du Président du bureau de l’Assemblée par exemple, passe avant toutes les questions liées à la grande criminalité. Ils vont probablement aborder ces sujets pendant la prochaine campagne. En attendant, il va falloir les laisser s’installer confortablement sur leurs sièges « d’élus du peuple ».

Surprenant tout de même que la sécurité des Kinois soit reléguée à la rubrique « faits divers », de ceux-là même, qui sont censés la prendre à bras-le-corps. Nous espérons qu’il y aura un sursaut, que le Chef de l’Etat va pouvoir personnellement s’en occuper, afin que les Kinois arrivent un jour, à avoir un sommeil apaisé.

Clément KAMULETA