La communauté universitaire de Kinshasa est en deuil. Le professeur Matthieu Abata Diabasona, enseignant à la Faculté des Lettres de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été assassiné, à la nuit de mercredi 7, au jeudi 8 janvier 2026, à son domicile, situé au quartier Rutens, sur le Plateau des professeurs, dans la commune de Lemba.
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, il était environs une heure du matin, lorsque 6 hommes armés, non encore identifiés, ont encerclé la parcelle avant de forcer l’entrée de la maison. Les assaillants ont ensuite froidement abattu le professeur, dans des circonstances qui restent à élucider. Après leur forfait, ils ont pris la fuite, laissant la famille et les voisins sous le choc.
D’après des les témoins, l’un des présumés assaillants est revenu sur les lieux du crime au matin, feignant de compatir avec la famille endeuillée. Reconnu par le fils de la victime, l’homme a été maîtrisé par des habitants du quartier. Dans un climat de colère et de tension extrême, il a été lynché par la population, puis brûlé vif.
La police, pourtant installée à seulement quelques mètres du lieu du drame, n’est intervenue que plusieurs heures après ces événements, une absence qui suscite de nombreuses interrogations et critiques au sein de la population locale.
Ce meurtre relance le débat sur la dégradation de la sécurité dans ce coin de la capitale. En effet, le quartier Rutens avait déjà été le théâtre d’un autre fait criminel dans la nuit du 24 décembre dernier, lorsque la famille Kadima Tshimpanda avait été victime d’un braquage nocturne. Les malfaiteurs avaient alors emporté plus de 4 000 dollars américains, sans toutefois faire de victimes.
Face à la répétition de ces actes violents, habitants et universitaires appellent les autorités compétentes à renforcer la sécurité autour du site universitaire et dans les quartiers environnants, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Une enquête a été annoncée pour faire toute la lumière sur l’assassinat du professeur Matthieu Abata Diabasona, dont la disparition brutale laisse un grand vide au sein de l’UNIKIN et dans le monde académique congolais.
Jephté Matondo