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La Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) a publié une circulaire qui fait jaser l’opinion sportive nationale. Datée du 17 août 2026, la circulaire n°002 porte sur la restructuration de l’arbitrage et des organes juridictionnels au sein de la Fédération. La FECOFA se réfère au statut de de la Fédération modifiés lors de l’assemblée générale de Janvier 2025.

Dans ce document, la FECOFA informe que la Ligue nationale de football (LINAFOOT) est désormais déchargée de la formation et de la désignation des arbitres ainsi que des autres officiels des matches de première et de deuxième divisions. La LINAFOOT est également privée de toute compétence disciplinaire concernant les faits survenus avant, pendant et après les rencontres de ses deux divisions.

Cette décision tombe comme une bombe dans le milieu sportif congolais, car elle semble entrer en contradiction avec certaines dispositions statutaires et autres textes régissant l’organisation du football en République démocratique du Congo, remettant même en cause, dans les faits, l’existence et les prérogatives de la Ligue nationale de football.

Il faut toutefois reconnaître qu’une telle décision n’est pas, en soi, contraire à l’organisation du football. Chaque association membre de la FIFA est tenue de respecter les dispositions et principes édictés par l’instance faîtière du football international. Mais chaque fédération dispose également d’une marge de manœuvre pour adapter ces principes à ses réalités nationales et les traduire dans des textes réglementaires destinés à organiser son football.

Encore faut-il que ces modifications soient régulièrement adoptées par l’Assemblée générale, conformément aux statuts en vigueur.

C’est précisément là que se situe le problème congolais.

Ce qui se passe aujourd’hui apparaît comme la conséquence directe des dispositions proposées pour modifier les statuts lors de l’Assemblée générale de la FECOFA tenue en janvier 2025. Ces dispositions avaient été présentées par le Comité de normalisation (CONOR) comme nécessaires à l’adaptation des textes de la Fédération aux exigences internationales.

Pourtant, selon plusieurs membres de l’Assemblée générale, elles ne correspondaient pas aux réalités du football congolais et avaient davantage l’allure d’un « prêt-à-porter » que l’on voulait imposer aux délégués.

Parmi ces dispositions proposées figurait notamment celle modifiant les conditions d’éligibilité des membres du comité exécutif. Mais ces propositions auraient finalement été rejetées par l’Assemblée générale, en présence de Véron Mosengo, alors secrétaire général de la Confédération africaine de football.

Quelques jours plus tard, à la veille de la clôture du dépôt des candidatures au comité exécutif, les mêmes dispositions rejetées réapparaissent dans un procès-verbal présenté comme un document faisant foi, voire comme ayant été publié dans le « Journal officiel », et ayant circulé dans les milieux du football congolais.

C’est la commission électorale qui aurait alerté sur l’existence de ce document et demandé des éclaircissements au comité exécutif, lequel serait resté silencieux.

C’est ce véritable imbroglio statutaire qui est aujourd’hui au cœur de nombreuses incompréhensions.

Le « tripatouillage » des textes, qu’il ait été orchestré, accepté ou imposé à l’époque, est désormais à la base d’une divergence profonde dans l’interprétation des règles qui régissent le football en République démocratique du Congo.

D’un côté, un groupe majoritaire continue de considérer que le texte de référence demeure le statut adopté en 2022, lors de l’Assemblée générale extraordinaire tenue sous la supervision du Conor. De l’autre, l’actuel comité exécutif considère que ce sont les statuts attribués à l’année 2025 qui doivent être appliqués.

Or, selon les contestataires, ces derniers n’auraient jamais fait l’objet d’une adoption régulière. Ils estiment qu’il s’agit plutôt d’un document ayant permis de rendre éligible le comité dirigé par Véron Mosengo.

La situation est d’autant plus préoccupante que la majorité des membres de l’Assemblée générale ne disposerait même pas de la version des statuts attribuée à 2025. Dans le même temps, le comité exécutif actuel se réfère à des dispositions de 2025 dont la régularité est contestée.

Ces contestations sont désormais portées devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), appelé notamment à se prononcer sur des questions touchant à la validité du processus ayant conduit à l’accession de l’actuel comité à la tête de la FECOFA.

C’est donc sur la base de textes controversés que le comité dirigé par Véron Mosengo exerce aujourd’hui ses responsabilités. Pendant ce temps, les ligues provinciales, les ligues nationales et les entités subdélégataires continuent de se référer aux statuts de 2022 ainsi qu’au Règlement général et sportif (RGS), toujours considéré comme applicable.

Voilà le véritable nœud du problème.

Peut-on continuer à gérer le football congolais avec deux lectures différentes des textes ? Peut-on considérer comme pleinement en vigueur des statuts dont l’adoption est contestée ? Comment demander aux différentes composantes de la famille du football de respecter des règles dont elles ne disposent pas toutes de la même version et dont la légalité fait encore débat ?

La conséquence paraît inévitable : l’exécutif risque de continuer à administrer le football selon sa propre lecture des textes, tandis qu’une partie importante des membres de l’Assemblée générale restera attachée au statut de 2022.

Il est donc temps que les uns et les autres se mettent autour d’une même table afin de clarifier définitivement les textes qui régissent le football congolais. Il faut mettre fin à la confusion et surtout au bricolage statutaire.

Dans cette logique, les statuts attribués à 2025 demeurent, à tout le moins, l’objet de contestations sérieuses. Leur origine, leur procédure d’adoption et leur portée doivent être clairement établies. Le Comité de normalisation et les responsables qui ont participé à l’élaboration et à la mise en circulation de ces dispositions devraient pouvoir expliquer dans quelles circonstances elles ont été élaborées, introduites et diffusées.

La maison FECOFA a besoin de clarté.

Le comité dirigé par Véron Mosengo doit désormais prendre toutes les dispositions nécessaires pour remettre de l’ordre dans les textes et rétablir une lecture commune des règles. À défaut, il appartiendra à l’Assemblée générale d’assumer ses responsabilités et de trancher définitivement cette question.

La crainte du comité actuel serait de reconnaître l’irrégularité du procès-verbal de l’Assemblée de 2025, ce qui pourrait remettre en cause sa propre légalité, avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.

Mais face à une telle situation, les membres de l’Assemblée générale qui ont connaissance des irrégularités ou des incohérences dénoncées ne peuvent plus rester silencieux, complaisants ou passifs. Ils ont le devoir de prendre leurs responsabilités, de demander des explications et, surtout, de contribuer à la clarification définitive des textes qui régissent leur Fédération.

Car le silence ne fera que prolonger la confusion.

Une fédération ne peut fonctionner durablement avec des statuts à géométrie variable.

Le football congolais mérite mieux qu’une guerre de textes. Il a besoin de règles claires, connues de tous et régulièrement adoptées. C’est à ce prix seulement que la FECOFA pourra retrouver la sérénité institutionnelle indispensable à son développement.

Zéphyr Kaninda Mukanya