Incendie
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Après le drame survenu dans une salle de 
fête à Kinshasa, où un incendie ravageur à causé la perte de plusieurs vies humaines, le ministre de l'intérieur a ordonné un contrôle de toutes les salles de fêtes de la capitale et dans les provinces. 
Cette mesure, prise sur le vif après l'émotion provoquée dans l'opinion publique, révèle une carence coupable dans la protection civile, chose qui a été à maintes reprises dénoncée. 
Depuis plusieurs décennies aucun gouvernement congolais n'a eu à cœur de se pencher sur ce problème, qui est pourtant essentiel. Aucun effort substantiel n'a été fourni pour garantir une sécurité publique intégrant tous les aspects sécuritaires, notamment la  protection civile et les premiers secours sanitaires. Or, ces derniers sont dans tous les grands pays des piliers de l'organisation de la société. 
À ce jour, il n'existe dans la capitale congolaise qu'un rudimentaire service incendie, avec une petite équipe de pompiers mal équipés, ne disposant que de quelques véhicules incendie vétustes et incapables d'intervenir dans un timing efficace sur les lieux des sinistres. De même, aucun organisme en charge des premiers secours médicaux n'existe. Quant aux provinces congolaises, il n'y existe tout simplement aucun embryon de protection civile. 
À quoi peut-on s’attendre après cette décision ?
Dans ce contexte de carence organisationnelle, les contrôles initiés n'auraient qu'une efficacité limitée, car dilués dans l'absence de termes de référence pertinents. 
Le secteur congolais du bâtiment repose essentiellement sur un décret belge de 1957. La loi n°25\045 du 1er juillet 2025 et les mesures administratives y afférentes, censées le réformer, n'en sont qu'une continuité et ne répondent pas véritablement aux défis de notre époque, notamment sur les aspects liés à l'efficacité du contrôle de conformité. Cet incident illustre d'ailleurs les dysfonctionnements que permet l'architecture normative actuelle. 
La RDC doit mettre en place à la fois une cartographie de la protection civile dans le but de couvrir tout son territoire avec un réseau de services de secours incendie et médical, et un corpus de normes techniques plus sévères, applicables aux bâtiments recevant du public ; le tout couronné par des commissions mixtes de contrôle préalable à l'ouverture des édifices destinés à recevoir du public qui soient plus sévères. 
Je me réfère ici aux ERP français (Établissements recevant du public). Ces derniers sont classifiés par types (magasins, bureaux, salles de spectacle etc) et par catégorie selon la capacité d'accueil (de moins de 100 personnes à plus de 3000 personnes). À chaque type et catégorie il est assigné des contraintes techniques en rapport avec l'importance des risques (nombre de sorties de secours, d'extincteurs, accès à une borne d'eau spécifique, revêtements  ignifugés etc).
Enfin et surtout, l'ouverture de chaque ERP est soumise à l'aval d'une commission technique composée de représentants des pompiers, de l'organisme chargé des normes électriques, des services de l'urbanisme et de techniciens de la ville ou de la commune. Cette commission technique mixte, qui est le cœur du dispositif final conformité, exerce un contrôle continu sous périodicité annuelle. 
Sans une initiative gouvernementale allant dans le sens d'une organisation efficace de la protection civile et une allocation substantielle de moyens, les congolais resteront exposés à des drames dus au manque de diligence de l'autorité publique. 
Dans ces conditions, les contrôles qui viennent d'être initiés risquent de ne revêtir qu'un caractère de simples tracasseries, sans parler d'éventuels actes de corruption. 
Autrement dit, mettre un pansement sur une jambe de bois…

Charles Kabuya