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Dix-huit mois après son investiture, le Gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, est dans la tourmente. Une motion de défiance a été déposée lundi 20 octobre 2025, à l’Assemblée provinciale par un groupe de députés, qui dénoncent une gestion jugée « largement insatisfaisante » et marquée par « l’absence de résultats concrets ».

Élu dans un climat d’attente et d’enthousiasme, Paulin Lendongolia s’était engagé, lors de sa prise de fonctions, à « changer le visage de la Tshopo » en six mois, allant jusqu’à promettre de démissionner si les résultats n’étaient pas visibles. Dix-huit mois plus tard, ses détracteurs estiment que le compte n’y est pas.

« Un gouverneur qui n’a pas tenu parole ne mérite plus notre confiance », a déclaré le député Bolongue, initiateur de la motion, devant la presse locale.

Selon le document déposé conformément aux articles 198 de la Constitution et 207 du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, les signataires évoquent une « gouvernance solitaire, opaque et inefficace » ayant conduit à un recul global dans plusieurs secteurs-clés.

La motion de défiance énumère six points principaux reprochés à M. Lendongolia:
    1.    L’incapacité de gouvernance et l’absence de bilan à mi-parcours ;
    2.    Le mépris des institutions provinciales ;
    3.    Les atteintes aux libertés fondamentales, notamment envers les journalistes et activistes ;
    4.    L’incapacité à mobiliser les recettes et à exécuter le budget provincial ;
    5.    La surfacturation présumée de plusieurs marchés publics ;
    6.    L’oisiveté et la mauvaise gestion des fonds de la province.

Pour les députés signataires, l’économie provinciale, l’administration territoriale, les infrastructures, les secteurs sociaux et la jeunesse sont restés « à l’abandon ».

Selon plusieurs sources internes à l’Assemblée, le texte bénéficie d’un large soutien. Huit signatures étaient nécessaires pour son dépôt, mais 19 députés l’ont déjà paraphé sur les 28 que compte l’Assemblée provinciale, soit bien au-delà de la majorité absolue fixée à 15 voix.
Si cette tendance se confirme lors du vote, le Gouverneur Lendongolia pourrait perdre son fauteuil.

Il convient de noter que Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte institutionnel explosif. Ces derniers jours, une pétition visant à destituer le bureau de l’Assemblée provinciale — notamment son président, Mateus Kanga — avait échoué. Ce revers a semble-t-il galvanisé le camp du bureau, désormais déterminé à exiger des comptes à l’Exécutif provincial.

Sur le terrain, la population exprime un ras-le-bol croissant face à la détérioration des services publics et à la lenteur du développement. Plusieurs manifestations citoyennes ont récemment réclamé plus de transparence et d’efficacité dans la gestion provinciale.

Jephté Matondo