La pression monte à Washington contre Kigali. Face à la persistance de l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, les États-Unis envisagent désormais des sanctions directes et ciblées contre les dirigeants rwandais, y compris le président Paul Kagame.
C’est un signal politique fort qu’a lancé Christopher Smith, président de la sous-commission Afrique de la Chambre des représentants américaine, à l’issue d’un échange tenu mercredi 4 février 2026, à Washington avec le président congolais Félix Tshisekedi.
« Nous mettons la pression sur l’administration (Trump), afin qu’elle sanctionne réellement les dirigeants rwandais, voire le président Kagame lui-même », a déclaré l’élu américain, rompant avec le langage diplomatique habituel.
FIN DES DEMI-MESURES
Pour Christopher Smith, le temps des avertissements symboliques est révolu. Il appelle à des actions concrètes et dissuasives contre Kigali, accusé de soutenir la rébellion du M23/AFC, responsable de graves violences dans l’Est de la RDC.
« On ne peut pas se contenter de demi-mesures ou de décisions symboliques », a-t-il insisté, plaidant pour une réponse ferme de l’exécutif américain.
Ces déclarations interviennent alors que la situation humanitaire et sécuritaire continue de se dégrader dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec des milliers de morts, des déplacés par millions et des violations répétées du droit international humanitaire.
UN MESSAGE DIRECT AU RWANDA
Dans un ton rare pour un responsable américain de ce niveau, Christopher Smith s’est adressé sans détour aux autorités rwandaises :
« C’est simple : arrêtez. Vous avez signé cet accord (de Washington). Arrêtez les violences. Arrêtez le bain de sang ».
Une référence claire aux engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques régionales et internationales, que Washington estime aujourd’hui non respectés.
TSHISEKEDI INTENSIFIE LE PLAIDOYER DIPLOMATIQUE
La rencontre entre Félix Tshisekedi et les responsables américains s’inscrit dans une offensive diplomatique plus large menée par Kinshasa pour obtenir une reconnaissance internationale explicite de l’agression subie par la RDC et des mesures coercitives contre ses auteurs.
En recevant l’appui de figures influentes du Congrès américain, le chef de l’État congolais marque un point important dans ce combat diplomatique, alors que les appels à la justice et à la responsabilité internationale se multiplient.
Si elles se concrétisent, des sanctions américaines directes contre Paul Kagame constitueraient un tournant majeur dans la gestion internationale du conflit à l’Est de la RDC. Elles pourraient redessiner les équilibres régionaux et envoyer un message clair : l’impunité ne peut plus être la règle.
Reste à savoir si l’administration américaine traduira ces pressions parlementaires en décisions exécutives concrètes. Pour les populations meurtries de l’Est congolais, l’attente, elle, n’a que trop duré.
Jephté Matondo