Qu'une baleine s'échoue sur une plage peut apparaître comme un fait anodin pour certains observateurs. Mais pour des personnes averties, cette présence soulève de sérieuses interrogations quant à la porosité de nos frontières maritimes.
Il ne faut pas uniquement se tourner vers l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui aurait dû prendre les dispositions appropriées face à une telle situation. L'armée est également concernée, car il ne s'agit nullement d'un petit poisson échoué sur une plage. Il s'agit d'un mammifère marin pouvant mesurer plus de 30 mètres de long. Cet animal, qui aurait tout aussi bien pu être un engin ennemi, a traversé plusieurs centaines de kilomètres sans être repéré avant de s'échouer sur la plage de Moanda.
Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la frontière maritime d'un État comprend plusieurs espaces relevant de sa souveraineté ou de sa juridiction : les eaux intérieures, la mer territoriale ( soit environ 22 kilomètres), la zone contiguë et la zone économique exclusive.
À travers toutes ces zones, personne ne semble avoir détecté la présence de cette baleine. Loin d'être un simple fait divers, cet échouage met en lumière une question bien plus préoccupante : celle de la surveillance et de la sécurisation de nos espaces maritimes.
Au-delà de l'aspect environnemental, cet événement devrait interpeller les autorités compétentes sur l'efficacité des dispositifs de surveillance de notre façade maritime. Si un animal de cette taille peut parvenir jusqu'à nos côtes sans être détecté, la question mérite d'être posée : qu'en serait-il d'un navire ou d'un engin hostile ?
Zephyr kaninda Mukanya