La voûte luisante d'étoiles scintillantes
Est aussi le royaume des ombres
L'antre des corps au destin écliptique
Gravitant dans le sillage de l’hôte rayonnant
Sors de l'ombre astre crépusculaire !
Compagne des rêves et des complaintes
Cavalière éthérée de la danse astrale
Gardienne muette des confidences stellaires
Aujourd'hui est aussi ton jour
L'étoile a accompli son cycle prématuré
Te laissant parcourir esseulée son orbite
Après quarante années d'attraction gravitationnelle
Ton nom claque dans nos mémoires
Secouant nos souvenirs d'adolescents
Évoquant le galop conquérant des Amazones
Femmes iconiques et mythiques
Chevauchant,
Cravachant
La monture haletant comme une machine à vapeur
Que les cheminots de Cito rythmaient à Kauka
Persévérante comme le pachyderme protecteur
Supportant le poids des ses défenses
Sur une scène sans foi et ni loi
Où les tirs se croisent et se recroisent
Tu fus la muse éternelle
Préservée dans le panthéon personnel
Hors de portée des fléchettes empoisonnées
Et des baves de Komodo
Rares sont les créatures que seule la mort sépare
Tu es de cette espèce évanescente
Faite du bois dont furent bâties nos aïeules
Figures intemporelles de nos lignées
Puisse ta progéniture hériter de ton abnégation
De ta patience
De ton don de soi
Et de ton immense amour pour ton Jules !
Je vous salue Marie-Rose
Mère supérieure !
Charles Kabuya